Gestion personnalisée du capital sanguin des patients – Une nouvelle norme de soins

22/02/2021
Innovation et science
Rapport Annuel 2020

Chaque année, plus d’un million d’interventions chirurgicales cardiaques ont lieu dans le monde. À l’instar d’autres opérations chirurgicales majeures, un grand nombre de ces chirurgies cardiaques nécessitent la transfusion de composants sanguins tels que du plasma, des concentrés de globules rouges et des concentrés de plaquettes – ce qui, en soi, n’est pas sans représenter un risque important pour les patients.

« Bien que la transfusion puisse sauver des vies dans de nombreuses situations critiques », affirme le professeur Thorsten Haas, responsable du programme de gestion personnalisée du capital sanguin des patients (Patient Blood management, PBM) à l’hôpital pour enfants de Zurich, Suisse, « elle comporte également des risques : infections, complications respiratoires ou réaction immunitaire , qui peuvent augmenter la morbidité et la mortalité des patients. »

Les stratégies visant à réduire au maximum le nombre de transfusions, notamment les programmes de gestion personnalisée du capital sanguin (PBM), sont donc d’un grand intérêt pour améliorer la sécurité des patients. Bien qu’il s’agisse d’un concept relativement nouveau et en pleine évolution, la PBM devrait être adoptée plus largement dans le monde, compte tenu des avantages qu’elle offre à la fois pour les patients et pour les hôpitaux. La PBM permet une diminution des séjours en soins intensifs et à l’hôpital, ainsi qu’une réduction globale des frais médicaux, notamment une diminution du coût (et du volume) des produits sanguins utilisés lors des interventions.

« Bien que la transfusion puisse sauver des vies dans de nombreuses situations critiques, elle comporte également des risques : infections, complications respiratoires ou réaction immunitaire qui peuvent augmenter la morbidité et la mortalité des patients. »

Professeur Thorsten Haas Responsable du programme de gestion du sang des patients à l’hôpital pour enfants de Zurich

Qu’est-ce que la PBM ?

La gestion personnalisée du capital sanguin est une stratégie coordonnée, multidisciplinaire, centrée sur le patient, fondée sur des preuves scientifiques et visant à personnaliser les soins au patient. Elle est aujourd’hui recommandée par de nombreuses sociétés savantes. « Les patients sont au centre de la PBM », ajoute le professeur Haas. « Notre but est de faire appel au diagnostic là où les soins sont prodigués et à une prise en charge ciblée des saignements afin d’optimiser l’hémostase, minimiser les pertes sanguines du patient et réduire l’utilisation de produits sanguins. »

Le professeur Haas et son équipe favorisent les tests viscoélastiques décentralisés au lit du patient dans la prise en charge des saignements.

« La PBM est une approche interdisciplinaire qui vise à optimiser les soins aux patients en matière de transfusion sanguine. Notre objectif principal est donc de diminuer la quantité de produits sanguins transfusés tout en réduisant les pertes sanguines peropératoires », précise-t-il.

Autrement dit, il s’agit de déterminer comment intervenir de manière optimale auprès de chaque patient et pour chaque intervention chirurgicale. Éviter le recours à la transfusion sanguine peut être très simple. « Parfois, en phase préopératoire, le simple fait de détecter une anémie ferriprive chez un patient et de la corriger par une supplémentation en fer peut éviter le recours à une transfusion », fait remarquer le professeur Haas.

Le professeur Keyvan Karkouti MD, FRCPC, MSc (Chef du service d’anesthésiologie et de gestion de la douleur du University Health Network/Sinai Health System/Women’s College Hospital à Toronto, au Canada) a un point de vue similaire :

« La PBM vise à offrir de meilleurs résultats aux patients et à améliorer leur sécurité en réduisant le besoin de transfusions de concentrés de globules rouges et d’autres produits sanguins et en préservant les propres réserves des patients. »

Prise en charge ciblée des saignements

L’utilisation de fibrinogène (également connu sous le nom de facteur I) à la place de sang total pour faciliter l’hémostase constitue un domaine d’étude émergent. Le fibrinogène est une glycoprotéine naturellement présente dans le plasma. Il est essentiel à l’agrégation des plaquettes et à la coagulation sanguine.

Ces mécanismes sont essentiels pour arrêter les hémorragies en particulier lors de blessures traumatiques ou lors d’une intervention chirurgicale.

Le fibrinogène est le premier facteur de coagulation à décroître lors d’une hémorragie et de la coagulopathie qui en résulte, causées soit par un traumatisme soit par une chirurgie majeure. Il est souvent le seul facteur de coagulation déficitaire.

« Le concentré de fibrinogène permet l’administration d’une dose précise pour atteindre le niveau cible souhaité ajoute le professeur Haas. « Chez les patients atteints d’hypofibrinogénémie acquise, l’administration de concentré de fibrinogène constitue toujours notre stratégie de prédilection » intégrée dans une prise en charge hémostatique globale, explique le professeur Karkouti,

Contrairement au déficit congénital en fibrinogène, qui est rare, le déficit acquis en fibrinogène survient lorsqu’une hémorragie et la coagulopathie qui en résulte, causées soit par un traumatisme soit par une chirurgie majeure, épuisent les réserves de fibrinogène. « En adoptant une stratégie ciblée pour la prise en charge des saignements, on peut supplémenter uniquement les facteurs de coagulation qui sont réellement nécessaires », explique le professeur Karkouti, avant d’ajouter : « Le fibrinogène est le principal facteur de coagulation à prendre en compte. »

« Octapharma est déterminé à sensibiliser la communauté médicale à la PBM, notamment les anesthésistes et les spécialistes des soins intensifs qui participent aux différentes opérations d’information subventionnées par notre entreprise à travers le monde. » Dr Oliver Hegener, Vice-président d’IBU Critical Care

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