Tester les limites

12/03/2020
Actualités du groupe
Rapport annuel 2019

Le saviez-vous ?

La « Polymérase Chain Reaction » (PCR) est une technique complexe et performante pour « amplifier » de petites portions d’ADN ou d’ARN.

Récompensé par un Prix Nobel en 1993, le test PCR reste à ce jour la meilleure technique d’amplification des acides nucléiques (NAT) existante pour diagnostiquer la présence de virus pathogènes ou de bactéries.

Découvrez comment Octapharma a introduit cette technique de test PCR

Le bureau de Thomas Gärtner, Chef des opérations DGV (Diagnostic Génomique Viral) du Groupe Octapharma, a tout du laboratoire d’un inventeur.

Les murs sont recouverts d’ébauches de diagrammes et de séquences d’ADN, et son bureau est couvert de piles de manuels techniques, de rapports et de dossiers d’affaires réglementaires qu’il consulte fréquemment.

Mais Thomas, qui est aussi un passionné de badminton et un amoureux de la nature, est loin d’avoir un esprit désorganisé. Ce biologiste a consacré sa thèse de doctorat à l’expression des oncogènes dans les cellules d’insectes et sur la caractérisation des protéines ; il adore par conséquent se plonger dans les détails sans jamais perdre la vision d’ensemble. Il cherche à atteindre ses objectifs avec précision, efficience, et élégance. Et il attend la même chose de son équipe.

Assurer la sécurité vis-à-vis de virus

Lorsque Thomas a rejoint Octapharma en 1994, l’entreprise travaillait sur la problématique à laquelle faisaient face tous les chercheurs en fractionnement plasmatique et l’industrie pharmaceutique depuis les années 80, à savoir quelles méthodes appliquer pour diminuer le risque de transmission virale par les protéines dérivées du plasma et pour atteindre le seuil maximum de sécurité virale.

Pour Octapharma, le travail sur la sécurisation et l’évaluation de la diminution du risque viral a toujours représenté un sujet critique en matière de sécurité des produits. Ainsi, il y a plus de 20 ans, découvrir la meilleure approche en matière de sécurisation virale constituait déjà un objectif clé bien identifié par l’entreprise. C’est dans ce contexte qu’Octapharma commença à utiliser le test PCR.

Thomas, avec ses équipes, assure cette sécurité chez Octapharma. Les techniques et méthodes utilisées pour le test PCR dans les années 90 étaient très chronophages. « Bien souvent, il fallait faire deux PCR successives, appelées “PCR nichées’’ », raconte Thomas. « La PCR nichée est une modification du test PCR destinée à augmenter sa sensibilité et sa spécificité, exigeant l’utilisation de deux couples d’amorces et deux réactions PCR successives. »

L’autre difficulté à laquelle les industriels du plasma étaient confrontés concernait l’absence d’uniformité dans la réglementation sur la validation des tests PCR.

Par ailleurs, les entreprises devaient définir leurs propres standards. En l’absence de standardisation des tests et des méthodologies PCR, on courait le risque de ne pas obtenir l’approbation des autorités », explique Thomas. « Heureusement, chez Octapharma, nous avions nos propres standards et notre propre matériel, qui représentaient ce qui se faisait de mieux dans le domaine. »

Le courage dans le sang

En 1994, Octapharma était pionnier en matière de tests de sécurité virale, utilisant les techniques de test PCR pour détecter la présence des virus de l’hépatite A et de l’hépatite C (VHA et VHC) ainsi que du VIH.

« Au début, je partageais le laboratoire avec mes anciens collègues de doctorat et d’autres membres du personnel de Georg-Speyer Haus (GSH) », raconte-t-il.

« Plus tard, en 1997, Octapharma établit son premier laboratoire de test PCR dans le bâtiment de GSH à Francfort. »

La même année, l’entreprise fit d’importants investissements stratégiques pour développer ses propres protocoles de test utilisant la technologie qui avait remporté le Prix Nobel. L’étape suivante pour Octapharma fut de constituer une équipe de techniciens performants. Une fois les techniciens en place, l’équipe fut alors en mesure de mettre au point et de valider des tests PCR en interne. « Nous avons connu alors un immense succès », raconte Thomas.

« Octapharma avait démontré que l’entreprise avait le gout d’entreprendre, le sens des responsabilités et le courage dans le sang. »

Relever le défi

En 1999, la recherche de VHC par test PCR dans les pools de plasma devint une exigence réglementaire. En étroite collaboration avec Thomas, les méthodes de test PCR de l’entreprise furent validées et approuvées par toutes les grandes autorités réglementaires à

l’échelle internationale. En fait, le test PCR devint une méthode de test standard pour détecter dans le plasma humain la présence de virus transmissibles par le sang et le laboratoire PCR réalisa ses premières analyses lors de la libération de lots de médicaments Octapharma.

À la fin des années 90, de nouvelles techniques PCR plus poussées firent leur apparition, notamment la méthode TaqMan, « une technique sophistiquée, fiable, et réalisable en temps réel », explique Thomas. Globalement, la méthode TaqMan était beaucoup plus rapide et l’évaluation obtenue beaucoup plus sensible, précise et moins compliquée.

L’équipe de test PCR s’est étoffée au fur et à mesure que le Groupe Octapharma grandissait. En plus du site de Vienne, l’entreprise acquit des sites de production à Lingolsheim en France, à Stockholm en Suède et à Springe en Allemagne. Des échantillons de plasma

de l’ensemble des sites furent envoyés au laboratoire de Francfort pour être soumis aux tests PCR. Comme le nombre d’analyses continuaient à croître, l’équipe dut, en 2005, déménager vers le centre d’innovation biotechnologique de Frankfort (FiZ), qui disposait d’installations plus importantes. Depuis ce jour, la liste des activités faisant appel à la méthode PCR au sein du Groupe n’a cessé de croître.

Aujourd’hui, Octapharma fait systématiquement appel au test PCR pour détecter la présence éventuelle du VIH, du VHA, du VHB et du parvovirus B19, ainsi que du VHC dans tous les pools de plasma à fractionner. En plus de tous les tests effectués dans les pools de plasma, chaque don individuel est également testé.

Fiers de leur travail

Dans les spacieux espaces de travail du FiZ, Thomas et son équipe ont réussi à installer une gamme complète d’équipements, depuis les robots d’extraction automatisée jusqu’aux thermocycleurs en temps réel, en passant par d’autres équipements modernes de laboratoire. En effet, c’est là que l’équipe PCR d’Octapharma est à pied d’oeuvre pour offrir à ses médicaments le maximum de sécurité vis-à-vis des virus, et ce dès les toutes premières étapes du processus de production des médicaments dérivés du plasma.

Ulrike Brandt, qui s’est joint à l’équipe en 2014, dirige le service d’assistance au laboratoire PCR. « Notre travail est très varié. Nous nous concentrons essentiellement sur la sécurité virale et exigeons des contrôles de très haute qualité. La clé de notre succès repose sur une communication claire et bien ciblée, notre opiniâtreté et une parfaite maîtrise des bonnes pratiques de fabrication », explique Ulrike.

Christiane Beckort, Spécialiste en Recherche, au Service Développement & Validation des méthodes, a rejoint les rangs de l’équipe il y plus de 20 ans ; elle estime que le souci du détail etCl’esprit d’équipe sont les secrets du succès de l’équipe PCR.

Durant les 2 dernières décennies, l’équipe PCR a toujours réussi à tenir les délais requis, en mettant en œuvre des méthodes PCR de référence et en obtenant d’excellents résultats dans les essais de performances.

« Aujourd’hui, plus de 20 ans après le lancement du premier laboratoire PCR d’Octapharma, on peut affirmer que l’équipe a su relever le défi de la sécurité virale en maîtrisant cette discipline. Chacune des personnes concernées peut être plus que fière de son travail », conclut Christiane.

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