Confiance et prise de décision

08/02/2020
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Rapport annuel 2019

Utilisation interdisciplinaire

Le plasma et les produits dérivés du plasma sont utilisés par toute une série d’experts médicaux traitant des patients gravement malades, qu’il s’agisse d’anesthésistes, d’intensivistes ou de médecins urgentistes.

Aux quatre coins du monde, on assiste quotidiennement à des afflux massifs de blessés provoqués par des catastrophes d’origine naturelle ou humaine, et les blessés graves se retrouvent souvent aux soins intensifs. Dans un tel service, nombreux sont les patients dont le pronostic vital est engagé au quotidien. Il faut faire très vite. La confiance mutuelle, la capacité à prendre rapidement des décisions en étant sous pression, associées à d’excellentes compétences médicales, sont autant de qualités indispensables pour les spécialistes et l’ensemble du personnel médical des services de soins intensifs.

Gennadiy Galstyan, médecin titulaire d’un PhD dirige le service de soins intensifs au Centre national de recherche en hématologie en Russie. Il nous parle de ses journées de travail, des difficultés qu’il rencontre et des avancées en matière d’amélioration des soins aux patients

Mission secours

On pourrait penser que le fait de côtoyer des dizaines de patients chaque jour nuit à l’énergie psychologique et mentale qu’il faut déployer pour mener une réflexion personnelle. Mais, en 30 ans de carrière, chacune des expériences de Gennadiy Galstyan semble lui avoir appris quelque chose de nouveau et l’avoir motivé encore davantage. Il ne semble jamais lassé de s’occuper de ses patients. Chaque matin, il se dit : « Je peux changer une vie ». Concrètement, cela exige que ce professeur s’implique au maximum pour que, le soir venu, il puisse se dire : « oui, j’ai fait ce qu’il fallait ».

En tant que chef du service de soins intensifs, ses compétences sont constamment mises à l’épreuve. « Je me souviens d’un petit garçon, il y a de ça presque 30 ans. À cette époque, il avait quatre ans et souffrait d’une leucémie aiguë. Je l’ai transféré aux soins intensifs », raconte le professeur Galstyan comme si c’était hier.

« Ça a été un moment très difficile pour toute sa famille. Ce petit garçon était dans un état grave», ajoute-t-il.

Toute l’équipe s’est mobilisée pour stabiliser l’enfant et lui apporter le meilleur traitement possible. La leucémie nécessite un traitement continu pouvant aller jusqu’à trois ans, sous peine de rechute. Il poursuit : « Nous n’étions pas certains qu’il survivrait ». Mais ce petit garçon a survécu. Gennadiy ajoute qu’aujourd’hui, le jeune homme poursuit une impressionnante carrière d’avocat de renom en Russie. Gennadiy est fier lorsqu’il apprend qu’un de ses anciens patients mène aujourd’hui une vie épanouie :

« Je pense que c’est un grand honneur d’être médecin et de voir, des années plus tard, la vie que mènent nos patients. »

Les soins intensifs de demain

Le professeur Galstyan est en mesure d’apprécier les grands progrès réalisés dans le domaine des soins intensifs au cours des trois dernières décennies en Russie, qui se sont notamment traduits par l’augmentation du nombre de services de soins intensifs et par l’amélioration des technologies de survie et des régimes thérapeutiques.

Grâce aux grands progrès effectués dans le domaine des soins intensifs, l’espérance de vie de ces patients est aujourd’hui meilleure. Comme le rappelle Gennadiy, il y a 30 ans, le diagnostic de choc septique chez les patients neutropéniques équivalait à une condamnation à mort. « C’était la même chose avec la ventilation mécanique. Aujourd’hui, nous parvenons à soigner la moitié de ces patients », ajoute-t-il. Il espère que les progrès médicaux et scientifiques continueront à progresser et que les médecins pourront soigner la plupart de leurs patients.

Selon lui, l’innovation peut par ailleurs modifier l’approche du traitement de la maladie, comme le montrent par exemple le passage du cryoprécipité au traitement par concentré de FVIII ou le passage du plasma aux concentrés de complexe prothrombinique. « Il y a trente ans, nous n’utilisions que des composants sanguins, tels que le cryoprécipité, le plasma frais congelé ou le plasma natif concentré », évoque-t-il. Les choses ont aujourd’hui changé. « Par exemple, dans notre service de soins intensifs en oncohématologie, nous utilisons depuis 2 ans un concentré de complexe prothrombinique (CCP) constitués des facteurs de coagulation II, VII, IX et X pour les patients atteints de maladies hémorragiques », explique-t-il.

Réfléchir et apprendre : mes deux principes de travail

Plus une personne avance en expertise, plus son expertise est recherchée, et il est sans doute peu surprenant que de nombreux médecins — y compris le professeur Galstyan lui-même — soient également professeurs de médecine, contribuant ainsi au progrès de l’enseignement de la médecine en Russie. Au-delà de ses activités de praticiens auprès des patients, il est actif dans le milieu universitaire, à l’Institut de formation : au niveau du troisième cycle en anesthésiologie et en soins intensifs du Centre de recherche médicale publique de Burnasyan, l’Agence biomédicale fédérale de Russie. « Je fais de la recherche scientifique, notamment la vérification de données et la rédaction de publications, ainsi que des présentations lors de conférences », précise-t-il. « Il est gratifiant de contribuer à la formation de la prochaine génération de médecins, tout comme l’ont fait mes mentors en me transmettant des connaissances, et de les partager avec mes pairs », ajoute-t-il. « Si vous me demandiez d’évoquer les personnes qui m’ont le plus inspiré dans la vie, je vous dirais que ce sont mes professeurs de médecine. »

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